Un
peu d’histoire.
Comme
la plupart des villes qui entourent Paris, Fontenay-sous-Bois fut un
petit village de paysans, une paroisse, donc une église entourée de
maisons et de fermes. Les terres couvertes de champs, de prés et de
bois, d’où sourdaient les fontaines si nombreuses qu’elles ont
laissé leur nom à la ville, appartenaient au clergé, principalement
à l’Abbaye Saint-Victor, riche de beaucoup d’autres possessions
en Val de Marne et ailleurs. Pendant des siècles le village,
relativement isolé, vécut de l’agriculture et de la vigne. Au 18ième
siècle, il compte 1700 habitants paysans ou vignerons, deux moulins
et deux châteaux. Les terres rachetées à Saint-Victor par un
particulier seront revendues comme biens nationaux pendant la
Révolution à de nombreux propriétaires.
Au
début du 19ième siècle, Fontenay-sous-Bois est un
village vigneron (encore 60ha de vignes en 1895), proche de Paris mais
encore en pleine campagne. Des Parisiens riches et célèbres y
achètent des maisons ; l’un des plus connus est le musicien
Dalayrac mort en 1809 dont la propriété fut revendue à Pixerécourt,
directeur de théâtre, qui y reçut Balzac et beaucoup d’autres
célèbres ou inconnus.
Il
est juste de signaler que le célèbre « petit vin blanc »
bu dans les guinguettes « du côté de Nogent » provenait
principalement du vignoble fontenaysien.
Le
19ième siècle sera celui des bouleversements. Les
Fontenaysiens, dès 1859, pourront prendre le train pour aller à
Paris, à la gare de la Bastille. Dans l’autre sens, les Parisiens
iront, en touristes, vers les guinguettes de Nogent et de Joinville.
Le chemin de fer, avec ses embranchements vers les usines, et les
facilités d’accès qu’il permet, contribuera à la transformation
du village en ville de banlieue. L’immigration italienne, dès le
milieu du siècle, marquera d’une empreinte particulière la
population et le paysage urbain de Fontenay-sous-Bois
A
l’extrême fin du siècle commenceront les travaux du tramway. Il y
aura deux lignes Paris-Bld de Ménilmontant à Rosny-sous-Bois par les
Rigollots et la route stratégique, et deux ans plus tard Paris-Opéra
jusqu’à la gare de Fontenay-sous-Bois par Montreuil et Bagnolet. (On
consultera utilement les documents cartographiques joints ci-après
représentant le plan des routes et le plan des lignes de transport
qui font partie du "Plan d'aménagement, d'embellissement et
d'extension de la commune de Fontenay-sous-Bois" -lois des 14
mars 1919 et 19 juillet 1924).
Le
fort dit « de Nogent » est bien sur le territoire de
Fontenay-sous-Bois. C’est l’un des 16 forts construits à partir
de 1840 (sous le roi Louis-Philippe) sur les hauteurs entourant Paris
et qui devaient défendre la capitale des envahisseurs venant de l’Est.
Cela valut à Fontenay-sous-Bois un bombardement de trois semaines en
1871 par les canons prussiens.
Le
19ième siècle verra le déclin de l’agriculture, l’industrialisation,
la parcellisation des terres et le début de l’immigration italienne
qui marquera d’une empreinte originale et durable l’urbanisation
de Fontenay-sous-Bois.
La
grande fête fontenaysienne est celle de la Madelon car la célèbre
chanson fut propagée dans toutes la France dès août 1914 par les
artilleurs cantonnés à Fontenay.
Au
début du 20ième siècle Fontenay-sous-Bois a encore une
activité agricole. Plus de troupeaux, plus de vigne, certes, mais des
maraîchers qui cultivent la Plaine, en bas de la colline, côté est,
sur 180ha jusqu’en 1965 Fontenay-sous-Bois produira fruits et
légumes de qualité en abondance : pommes, poires, cerises,
prunes, artichauts, petits pois, choux de Bruxelles, asperges.
On
dit même que la célèbre pomme de terre « Belle de
Fontenay » est originaire des maraîchages de la ville.
L’industrialisation
n’épargnera pas Fontenay-sous-Bois mais y restera discrète. Citons
cependant les pianos Gaveau, les produits pharmaceutiques Roche, les
sinapismes à la moutarde Rigollot, les Parapluies, les Agrafes, les
carrières de gypse. Tout a désormais disparu. Par contre le paysage
sera complètement bouleversé et la colline recouverte de pavillons.
En 1965, la Plaine sera expropriée et les terrains maraîchers
recouverts par des immeubles d’habitations , des équipements
et un immense centre commercial : c’est la Zone à Urbaniser en
Priorité, la ZUP !!
La
gare RER/ SNCF, l’autoroute A86, les bâtiments de verre et d’acier
qui accueillent des banques, des bureaux d’études et des industries
de pointe (informatique par exemple) ont fait de cet ensemble un des
plus futuristes de la région parisienne.
Fontenay-sous-Bois,
ville relativement peu connue des Français, a cependant subi son lot
de malheurs en rencontrant la « Grande Histoire ».
Plusieurs
fois envahi, le village fut pillé sous la Fronde, bombardé par les
canons prussiens en 1871, bombardé encore par les avions allemands en
1918. Fontenay-sous-Bois, devenue ville de banlieue, connut encore les
combats meurtriers du 25 août 1944 (25 morts), un après-guerre
difficile, la désindustrialisation, le chômage.
Quels
vestiges de son passé la ville conserve-t-elle ?
L’église
Saint Germain l’Auxerrois est l’un de ces modestes et très
antiques édifices religieux comme il en reste tant en Ile-de-France.
Elle se dresse en bas du coteau, depuis le 13ième siècle
et, bien que maintes fois remaniée et réparée au cours de ces sept
siècles, elle garde un aspect solide et trapu et digne de son origine
campagnarde et paysanne.
Entre
l’ancienne mairie et le nouvel hôtel de ville, sur la pente est du coteau, le « village » a conservé quelques maisons
anciennes, des cours de fermes, des ruelles pavées, des portes
massives qui évoquent la communauté rurale disparue.
On
pourra voir aussi dans ce quartier, le Parc de la mairie hélas
sévèrement meurtri par la terrible tempête du 26 décembre 1999 qui
abattit plusieurs centaines d’arbres sur la commune. Autrefois parc
du château, le charme romantique de ce jardin public contraste avec
le bâtiment de l’Hôtel de ville construit en 1973 et dont la
façade est décorée par Vasarély.
La
sculpture surmontant la fontaine des Rosettes, longtemps égarée loin
de Fontenay-sous-Bois a été retrouvée et installée à un
carrefour.
Dans
le cimetière même, on trouve le tombeau d'Hector Malot l'auteur du
célèbre roman "Sans famille". Hector Malot fut conseiller
municipal de Fontenay et mourut dans cette ville en 1907 à l'age de
77 ans.
On
trouvera disséminées dans tout Fontenay des maisons et des villas de
toutes les périodes du 20ième siècle : la Belle
Epoque, les années folles, le front populaire, l’après-guerre…
Le
fort a été construit en 1841, l’ancienne mairie date de 1859, l’école
Michelet évoque les années 30 et le promeneur attentif découvrira
encore quelques vergers où les pommiers et les poiriers en espaliers
sont toujours « florissants ».